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mercredi 17 octobre 2007

le tour du monde d'Elisabeth et Jean-Marc

Octobre 2006… Je reçois un appel des plus surprenants : un couple qui a beaucoup voyagé… à l’expression de la dame, je devine des clients aisés mais exigeants. En tout cas, leurs enfants ont de la chance : cet été, ils peuvent s’accorder six semaines de vacances ; ils ont demandé à leurs trois enfants (de 17 à 11 ans) de choisir chacun une destination : celle du voyage de leurs rêves.

L’aîné veut aller en Nouvelle Zélande « sur les traces sur tournage du Seigneur des Anneaux » ; l’une des filles veut découvrir le Japon (que ses parents connaissent déjà) dans ses moindres recoins : elle veut voir des geishas, assister à une compétition de sumo et admirer les neiges du Fuji Yama. La dernière a une envie plus classique : faire du surf au Costa Rica.

Les clients refusent de m’indiquer leur budget : « on verra bien quand on recevra votre proposition ». J’ai un peu peur de travailler pour rien, alors j’avance un budget global de 30 000 à 40 000 € pour toute la famille, repas non compris… impossible de deviner si le borborygme de la dame vaut approbation ou refus. Du coup, je marche vraiment sur des œufs pour commencer ce devis.

Je me concentre sur l’aérien et me base sur un parcours « tour du monde » ; j’envoie la première proposition (vols uniquement) « ah… désolée, j’avais oublié de vous préciser qu’on ne veut pas passer par les Etats Unis. Pas question d’indiquer nos données personnelles à l’administration Bush ». 2ème proposition… « vous ne pouvez pas plutôt nous faire voler avec Swissair, Sabena ou Singapore Airline ? mon mari a des miles… » ; il faut que je fasse admettre à la cliente que Swissair et Sabena n’existent plus… que je lui explique avec diplomatie que les programmes de fidélisation des compagnies aériennes ne sont que des outils marketing et pas des solutions idéales pour construire un tour du monde.

Je réussi quand même à lui proposer « d’acheter » avec ses miles un vol intérieur en Nouvelle Zélande. Elle a l’impression d’avoir fait une affaire. Un client heureux est un client qui revient… mais celle ci n’est pas encore partie…

Après une dizaine d’échanges, on réussit à fixer les vols (je préfère jeter un voile pudique sur la réservation d’un vol Costa Rica / Nouvelle Zélande en formule « tour du monde » sans passer par les USA… mais j’y suis parvenu.)

Grâce au bouche à oreille (merci Nelly et Stéphane), je trouve des prestataires dignes de ce nom au Costa Rica et au Japon. Bien sûr, les clients doivent composer un peu : on ne peut pas découvrir toute la Nouvelle Zélande en 12 jours et les Maoris ne vivent plus comme au XVIIIème siècle.

L'une de mes collègues, qui a déjà voyagé au Japon s’est occupée des geishas et du sumo… là aussi, il a fallu convaincre la cliente qu’on ne pouvait pas découvrir un Japon atypique hors des sentiers battus avec un groupe francophone… (paradoxe, quand tu nous tiens…)

Après que j'ai revu 20 fois ma copie (merci à Aurélie pour cette précision grammaticale : après que + indicatif… C’est comme ça… alors que avant que + subjonctif… parce que le subjonctif est le mode de la possibilité et que l’indicatif est le mode de la certitude… voilà… c’est dit… et c’est juste pour que les lecteurs dont les connaissances en grammaire ne dépasseraient pas les miennes ne croient pas que je ne sais pas écrire le français…)
Après que j'ai revu 20 fois ma copie, disais-je, j'ai la chance que la dame considère « bien dans son ensemble » le programme Costa Rica et « acceptable » ceux de la Nouvelle Zélande et du Japon bien. Je souffle… Le centre CB valide le paiement de 34 000 €. (ma première idée n’était pas fausse…)

Du 14 juillet au 29 août, j'ai ouvert chaque matin notre messagerie électronique avec un peu d’appréhension… Qu’allait elle nous réclamer ou nous faire modifier pendant le voyage ? Pas grand chose en fait…
Nous avons dû rechercher un horaire de train entre Osaka et le Mont Fuji… expliquer un bout du contrat d’assurance de la voiture de location au Costa Rica (je ne me souviens plus si il y a une franchise sur le bris de glace, mais c’était écrit…). Rien de plus.

Trois jours après le retour de la petite famille en France, la cliente m'a envoyé un long e-mail pour me remercier… pour me dire que tout était parfait au Costa Rica, que le Japon était merveilleux mais qu’il était vraiment compliqué de le découvrir pour qui ne parle pas japonais (elle le savait déjà) et qu’en Nouvelle Zélande, à part l’état des pneus de la voiture de location, tout s’était très bien passé.
Elle regrettait même de ne pas avoir de 4ème et de 5ème enfant qui auraient pu choisir Madagascar ou le Vietnam (après tout, au point où on en était avec elle, elle aurait pu avoir 12 enfants, j’avais compris comment travailler pour elle…)

Des dizaines d’heures de travail pendant 8 mois, le stress de naviguer à vue sans avoir assez de repères pour composer le programme, une marge ridiculement faible par rapport au temps passé, une cliente exigeante qui demandait à être rappelée « samedi entre 19h et 19h30 », un peu d’énervement contre Iberia que je raconterai dans un prochain billet… mais au final, une expérience très enrichissante pour moi... Les prochains tours du monde sur mesure qu’on nous demande… on sait faire !

samedi 6 octobre 2007

Matt, "tourdumondiste" et héros du web

Y a-t-il un âge pour concrétiser ses rêves ? Je pense au tour du monde que je n’ai pas fait quand j’avais 20 ans… Peut-être n’est il pas encore trop tard…
Mon héros du moment, c’est Matt : ce garçon a 30 ans, il vit dans le Connecticut et son grand bonheur, c’est de voyager autour du monde. Il a beau danser mal (très mal), il se fait filmer sur les 7 continents, devant les paysages et les monuments les plus mythiques ; il en fait un petit clip. La musique est insupportable mais il y a de beaux efforts sur le montage des films… et je me mets à la place de Matt… j’aimerais tant revenir sur ses pas…
voir les vidéos : http://www.wherethehellismatt.com/videos.shtml

Comme Matt, je suis allé à Abou Simbel, Venise, Bandar Seri Begawan, au Taj Mahal et sur Time Square à New-York. Comme Matt, j’ai vu des dames en tchador pousser leurs enfants sur des luges dans le Mall of the Emirates à Dubai. Comme j’ai pris plusieurs fois l’Eurostar entre Paris et Londres, je suis sans doute déjà passé à la gare des betteraves en Picardie.

Ca fait au moins dix ans que j'ai envie de faire un tour du monde... trop de travail ! mais comme j'ai maintenant des bons dans mon équipe et que l'agence semble stabilisée, je pense qui d’ici un an ou deux, je pourrai m’offrir 2 ou 3 mois de vacances pour enfin faire le tour du monde. Il faudra quand même que l'amour de ma vie puisse négocier avec sa fac une semestrialisation de ses cours : je n’envisage pas toutes les émotions que ne manquerait pas de me donner ce tour du monde sans les partager. Le principe du tour du monde défini par l’association des transporteurs aériens est strict :
- les vols doivent passer par l’Atlantique et le Pacifique (tour du monde par l’Est ou par l’Ouest). Chaque océan DOIT être traversé une seule et unique fois
- on doit aller d’un continent à l’autre en suivant toujours la même direction (vers l’ouest ou vers l’est). Des retours en arrière partiels à l’intérieur d’un même continent sont parfois autorisés
- des parcours par « voie de surface » sont autorisés (c’est à dire qu’il est possible par exemple arriver en Australie par Sydney, de se rendre par nos propres moyens terrestres jusqu’à Darwin puis quitter l’Australie depuis Darwin) ; ces parcours terrestres sont limités et strictement réglementés.

Les deux itinéraires que j’envisage sont :
- soit commencer par des îles et terminer par des grands espaces : par exemple, Marseille / Bangkok / Malaisie / Philippines / Bali / Outback australien / Sydney / Nouvelle Zélande / Fidji / Tahiti / île de Pâques / Chili / Argentine ou Bolivie / Marseille
- soit zapper complètement l’Asie pour passer plutôt vers l’Afrique (mais on aurait besoin de bien plus d’argent) pour continuer ensuite vers l’Océanie via l’Océan Indien et revenir vers l’Amérique du Sud : Marseille / Ethiopie / Kilimandjaro et Zanzibar / Namibie ou Botswana / Madagascar / Outback australien / Sydney / Nouvelle Zélande / Fidji / Tahiti / île de Pâques / Chili / Argentine ou Bolivie / Brésil / Marseille.
Mon objectif : faire ce tour en 2009…

Les étapes que je ne pourrai pas manquer sont l’île de Pâques (30 ans que j’en rêve…) et Ayers Rock. Thierry, qui vit au Chili et qui va tous les ans à Tahiti m’a confié qu’il ne s’arrêtait plus à l’île de Pâques même si c’est la route… Benjamin et Valérie m’ont expliqué qu’à Ayers Rock, le rouge est moins impressionnant en vrai que ce qu’on voit sur les photos… mais ils ne m’ont pas découragé…



Les autres étapes seront plus difficiles à choisir : Séverine m’engage à traverser le salar d’Uyuni. Pour Stéphane, c’est Atacama qu’il ne faut pas manquer… Carlos sera fâché à mort si je ne passe pas par l’Argentine… Thibault et Vénus ont été impressionnés par les rizières en terrasse de Luzon aux Philippines, Sébastien voudrait m’emmener à Bali ; Lionel et Laurent voudraient m'empêcher de manquer Madagascar. Finalement, c’est peut-être deux tours du monde que je devrais envisager…